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Haute‑Marne : quand le gasoil atteint 2,45 € le litre, les élus dépensent des millions

18/09/2026

Haute‑Marne : quand le gasoil atteint 2,45 € le litre, les élus dépensent des millions

Un département rural étranglé par les prix du carburant
En Haute‑Marne, le carburant n’est pas un sujet de confort : c’est une condition d’existence. Dans un territoire où les distances sont longues, où les transports en commun sont inexistants, où chaque trajet domicile‑travail dépasse facilement les 30 ou 40 kilomètres, la hausse du gasoil frappe plus fort qu’ailleurs.

Hier soir, dans certaines stations haut‑marnaises, le gasoil était affiché à 2,45 € le litre. À ce niveau, 

chaque plein devient un événement financier :

55 litres × 2,45 € = 134,75 €
Pour un salarié qui parcourt 40 km par jour, cela représente près de 300 € par mois uniquement pour aller travailler.
C’est le prix d’une semaine de courses, ou un mois de chauffage au bois.
Pendant que les habitants comptent leurs litres, les institutions, elles, continuent de compter en millions.

 

Chaumont : 114 licenciements annoncés, un choc social majeur ⚠️
Le 14 septembre 2026, la direction de Viant a officiellement annoncé le lancement d’un Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE) prévoyant le licenciement de 114 salariés sur les 229 que compte le site chaumontais. La moitié des effectifs.

Des familles entières plongées dans l’incertitude. Un bassin d’emploi déjà fragile qui encaisse un coup terrible. Des salariés qui, pour beaucoup, travaillent depuis 10, 20 ou 30 ans dans l’entreprise.

Dans ce contexte de crise sociale, économique et humaine, les habitants attendaient des signaux de soutien, de solidarité, de mobilisation.

Ils ont eu autre chose.

1,5 million d’euros pour acheter la Boisserie : un bras de fer d’ego politique malvenu 🏛️
Au même moment, le président du Département, Nicolas Lacroix, annonce vouloir racheter la Boisserie pour 1 500 000 €.

Une annonce qui tombe le jour même où Chaumont apprend qu’elle va perdre 114 emplois. Le contraste est brutal.

D’autant plus que l’État s’était proposé de racheter la Boisserie. Une solution logique : la mémoire d’un personnage national devrait être financée par la Nation, pas par un seul département rural.

Mais Nicolas Lacroix refuse. Non pour des raisons financières — l’État prenant en charge l’achat — mais pour des raisons d’ego politique : ne pas laisser l’État “reprendre la main” sur un symbole haut‑marnais.

Le problème, c’est que cette position intervient alors même que :

le Mémorial Charles‑de‑Gaulle, présidé par le Département,
est un gouffre financier,
avec un déficit abyssal,
que le Département doit renflouer chaque année.
Autrement dit : le Département paie déjà pour la mémoire nationale, et il paierait encore davantage en rachetant la Boisserie.

Et cela, au moment où 114 familles perdent leur emploi.

Un confort politique qui interroge 🚗💼
Dans un département où les habitants comptent leurs litres, leurs kilomètres et leurs fins de mois, certains élus semblent évoluer dans un autre univers.

Un univers où :

👉 on roule en DS 9 de fonction à 78 000 €, 👉 avec carburant payé, 👉 où les déplacements ne coûtent rien, 👉 où les budgets se votent en millions, 👉 où les priorités ne sont plus celles du terrain.

Ce confort n’est pas illégal, puisqu’il a été voté par une majorité élue, mais il est indécent au regard de l’extrême pauvreté qui frappe une majorité de citoyens haut‑marnais.

50 millions d’euros pour un bâtiment d’accueil du public à l’Assemblée nationale 🏗️
À Paris, la présidente de l’Assemblée nationale maintient son projet de construction d’un bâtiment destiné à l’accueil du public, pour un montant estimé à 50 millions d’euros.

Un projet ambitieux, pensé pour améliorer la relation entre citoyens et institutions… mais qui, vu depuis la Haute‑Marne, ressemble surtout à une dépense hors‑sol.

Encore une fois, le fossé entre les préoccupations nationales et les réalités locales se creuse.

Deux mondes qui ne se parlent plus 🌍↔️🌾
Ces décisions budgétaires ne sont pas illégales, mais elles reflètent la mentalité d’une élite politique profondément déconnectée.

Une élite qui raisonne en millions, en patrimoine, en grands projets, pendant que les habitants raisonnent en euros, en kilomètres, en litres de carburant.

En Haute‑Marne, il n’y a pas de métro, pas de tram, pas de RER, pas de bus cadencés. Quand le carburant augmente, il n’y a aucune alternative.

Et quand une entreprise annonce 114 licenciements, il n’y a pas de parachute.

Un sentiment d’abandon qui grandit 😔
Pour beaucoup de citoyens, ces décisions donnent l’impression que les priorités ne sont plus alignées. Que les institutions vivent dans un autre pays. Que les préoccupations du quotidien ne sont plus entendues.

La question n’est pas de savoir si la Boisserie mérite d’être préservée, ni si l’Assemblée nationale doit accueillir mieux le public. La question est : est‑ce le moment ?

Alors que les fins de mois commencent le 12, que les déplacements deviennent un luxe, que les territoires ruraux s’enfoncent dans la précarité énergétique, ces dépenses apparaissent comme un symbole de déconnexion.

À l’aube d’élections omniprésentes, un spectacle politique affligeant 📺🎭
À l’aube d’élections qui occupent tous les espaces médiatiques, les citoyens assistent, dans le camp de ceux qui gouvernent la France depuis des décennies, à un véritable mercato présidentiel.

Si l’argent manque dans chaque foyer haut‑marnais et français, les candidats — eux — promettent de ramener un meilleur “bulletin scolaire” si les électeurs acceptent leur redoublement.

Ils s’alignent sur les plateaux télé matin, midi et soir, tous d’accord sur un programme commun : faire barrage à ceux qui n’ont jamais gouverné la France.

Pendant que les citoyens comptent leurs litres, eux comptent leurs apparitions médiatiques, leurs futurs mandats, leurs futurs portefeuilles.

Conclusion : Nous vivons une époque formidable 🤡
Les citoyens du département ne demandent pas des monuments, mais des solutions. Pas des projets prestigieux, mais des mesures concrètes. Pas des millions pour des bâtiments, mais des politiques qui tiennent compte de la réalité rurale.

Nous vivons une époque formidable.

Le Citoyen

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