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13/09/2026
Alors que la Haute‑Marne ne disposera finalement pas du plateau hospitalier unique envisagé à Rolampont, près d’un milliard d’euros sera investi dans le futur hôpital de Nancy, appelé à regrouper l’ensemble des services sur un site unique. Le projet nancéien, largement mis en avant dans L’hebdomadaire Le Point, s’inscrit dans une stratégie régionale de modernisation hospitalière.
Dans le même numéro, une formule interpelle : « Le prochain ministre de la Santé sera‑t‑il une IA ? »
Une provocation qui résonne avec le sentiment d’incompréhension exprimé par de nombreux habitants de Haute‑Marne face aux décisions nationales concernant l’offre de soins dans leur département.
Un message assumé : “Allez vous faire soigner dans les grands centres”
Lors d’une intervention publique, le président du Conseil départemental de Haute‑Marne, Nicolas Lacroix, a déclaré :
« Allez vous faire soigner dans les grands centres. » Une prise de position qui confirme l’orientation actuelle :
encourager les patients à se tourner vers Nancy, Reims ou Dijon pour leurs soins spécialisés.
Pour beaucoup d’acteurs locaux, cette stratégie s’inscrit dans une tendance plus large : la réduction progressive des services publics en zone rurale et la concentration des infrastructures dans les métropoles régionales.
Un projet hospitalier qui aurait pu voir le jour en Haute‑Marne
Plusieurs élus et professionnels de santé rappellent qu’un Centre Hospitalier Universitaire aurait pu être envisagé en Haute‑Marne, compte tenu d’un bassin de population de 170 000 habitants. Mais le projet n’a jamais été retenu, alimentant le sentiment que les territoires ruraux restent en marge des grandes décisions nationales.
Centralisation hospitalière : Nancy et Nantes en exemples
Pendant que le projet haut‑marnais est abandonné, d’autres régions avancent :
Ces investissements massifs illustrent une politique de centralisation qui renforce les métropoles au détriment des zones rurales.
La loi sur l’artificialisation des sols : un frein supplémentaire pour les territoires ruraux
La mise en œuvre de la loi sur l’artificialisation des sols (ZAN), visant le Zéro Artificialisation Nette en 2050, limite désormais la délivrance de permis de construire dans de nombreuses communes rurales. Pour les élus locaux, cette contrainte supplémentaire risque d’accentuer la perte d’attractivité des villages, déjà confrontés à la fermeture de services publics et à la baisse démographique.
🧭 Un virage vers une gouvernance collectiviste ?
Au‑delà des questions hospitalières, plusieurs signaux montrent un changement profond de modèle dans les territoires ruraux :
l’État et les collectivités locales financent désormais des services commerciaux ou médicaux, traditionnellement portés par des acteurs privés.
Cette évolution pose une question centrale : 👉 La France devient‑elle un pays collectiviste qui s’ignore ?
Des magasins d’État financés par l’impôt Dans plusieurs communes, les municipalités ont construit ou financé :
Ces structures, pensées pour maintenir une vie locale, sont financées par l’impôt des contribuables. Mais leur viabilité reste fragile : lorsque l’exploitant manque, le bâtiment reste fermé.
Exemple à Roche‑Bettaincourt :
À Roche‑Bettaincourt, le bar‑restaurant communal a été construit flambant neuf, pour un montant de 465 374 € HT. Mais à ce jour, il semble qu’aucun exploitant n’ait été trouvé pour en assurer l’ouverture et la gestion.
Le bâtiment, terminé depuis plusieurs mois, reste donc inoccupé, illustrant les limites d’un modèle où la collectivité finance l’outil… sans garantir l’activité.
La médecine libérale remplacée par une médecine d’État :
Le même phénomène apparaît dans le domaine médical. Dans certaines communes, les médecins sont désormais salariés par les collectivités, avec :
Un modèle qui rappelle davantage une médecine administrée qu’une médecine libérale.
À Andelot, quatre médecins sur cinq sont désormais salariés.
Pour certains élus, c’est une solution pragmatique. Pour d’autres, c’est le signe d’un glissement vers une organisation collectiviste, où l’État et les collectivités se substituent aux acteurs privés pour maintenir des services essentiels.
Une machine administrative tentaculaire
À cela s’ajoute une administration omniprésente, productrice de :
Les élus locaux comme les entrepreneurs dénoncent une complexité croissante, qui freine les initiatives individuelles et renforce la dépendance aux financements publics.
🔍 Un État qui veut tout contrôler… mais n’assure plus ses missions essentielles
Le paradoxe est frappant : 👉 Plus l’État veut tout maîtriser, moins ses missions fondamentales fonctionnent.
Une centralisation extrême : toutes les factures des entreprises dans les tiroirs de Bercy
La réforme de la facturation électronique impose à toutes les entreprises françaises de transmettre l’intégralité de leurs factures aux services fiscaux.
Une centralisation sans précédent, qui illustre la volonté de l’État de suivre, contrôler et analyser chaque flux économique.
Pourtant, dans le même temps :
Le résultat : une dette publique abyssale
Malgré cette centralisation croissante, la France accumule :
Conclusion
Face à cette situation, comment ne pas citer la célèbre phrase de Georges Clemenceau :
« La France est un pays extrêmement fertile : on y plante des fonctionnaires et il y pousse des impôts. »
Une formule ancienne, mais qui résonne singulièrement avec les débats actuels sur la gouvernance, la centralisation et l’efficacité de l’action publique.
Nous vivons une époque extraordinaire.
Le Citoyen